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Les cigales

  • Photo du rédacteur: Maï Brass
    Maï Brass
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  • 2 min de lecture

Les cigales des villes ne chantent pas qu’en été. Il est d’ailleurs possible de les croiser tout au long de l’année. Un des points communs avec leur cousine des champs est que, souvent, on les entend avant de les voir. Les notes qu’elles propagent rebondissent sur les murs et atterrissent délicatement dans les oreilles de dizaines de badauds. Ceux-ci se mettent alors à fredonner ou à siffloter avec un sourire aux bords des lèvres.


Contrairement à ce que nous en avait dit Jean, les cigales des villes sont très endurantes. Elles sont capables de travailler pendant plusieurs heures d’affilée, même lorsque la température dépasse péniblement 5°C. Imperturbables, elles jouent, chantent ou jonglent par (presque) tous les temps. Elles réalisent dans la rue ce que les fourmis font en secret dans leur chambre. Parfois accompagnées d’une autre cigale ou d’un baffle, elles s’entrainent sans relâche en espérant gagner quelques piécettes ou un petit billet.


Rassurez-vous, les cigales des villes ne sont pas une espèce invasive, au contraire. Vous les trouverez régulièrement aux mêmes endroits et ce durant des périodes relativement longues. De leur poste, elles observent le monde avec des yeux distraits. Les jours, les mois, les saisons, tout leur tourne autour sans parvenir à les atteindre. C’est leur super pouvoir : elles arrêtent le temps. Devant elles, les curieux ralentissent et les enfants s’émerveillent. Elles sont l’incarnation du moment présent, des collaboratrices de l’instant. Dès qu’on s’en éloigne, elles se transforment indubitablement en souvenir, mais un souvenir bien plus permanent que le prix d’une gaufre ou la couleur d’une devanture.


Les cigales des villes disparaissent parfois du jour au lendemain. Elles perdent alors leur statut de cigale et gagne un surnom beaucoup trop long commençant généralement par « le gars ou la fille qui… ». Les fourmis sont bien trop pudiques que pour afficher leur manque en public. Alors elles passent, comme si de rien n’était, en piétinant des bouts de trottoirs silencieux et des pavés de ruelles vides… Mais en marchant dans les rues calmes et sans magie, les fourmis savent au fond d’elles qu’un monde sans cigale serait d’un mortel ennui.


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